Corée du Nord : «toutes les options sont sur la table», dit Pence

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Mike Pence est arrivé dimanche en Corée du Sud, où sont basés 28 500 soldats américains, quelques heures après l’échec de l’essai balistique de la Corée du Nord.

Agence France-Presse
Séoul

Le vice-président des États-Unis Mike Pence recommande à Pyongyang de ne pas éprouver la «détermination» de Donald Trump(en anglais « not to test Trump’s resolve ») sur la question nucléaire, ni la puissance de l’armée américaine.

M. Pence a adressé cet avertissement au cours d’une conférence de presse à Séoul après une visite très symbolique de la zone démilitarisée (DMZ), où il avait affirmé que «toutes les options» étaient «sur la table» pour régler le problème nord-coréen.

«Ces deux dernières semaines, le monde a été le témoin de la puissance et de la détermination de notre nouveau président au cours d’opérations menées en Syrie et en Afghanistan», a déclaré Mike Pence, évoquant la frappe américaine contre une base aérienne du régime syrien et le largage d’une méga-bombe contre des djihadistes en Afghanistan.

«La Corée du Nord ferait mieux de ne pas éprouver sa détermination ou la puissance des forces armées des États-Unis dans cette région», a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dit espérer qu’«il n’y aura pas d’actions unilatérales comme celles que nous avons vues récemment en Syrie» de la part de Washington.

«Nous n’acceptons pas les aventures nucléaires et balistiques de Pyongyang en violation des résolutions de l’ONU, mais cela ne veut pas dire qu’il soit dès lors possible de violer le droit international en utilisant la force» contre la Corée du Nord, a-t-il mis en garde.

Pyongyang a de nouveau testé un missile dimanche et de nombreux experts redoutent qu’un sixième essai nucléaire ne soit imminent en Corée du Nord, dans un contexte de fortes tensions sur la péninsule.

Interrogé sur la nature des initiatives nord-coréennes qui pourraient déclencher une réponse militaire américaine, le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer a refusé de s’engager sur ce terrain.

«Tracer des lignes rouges n’a pas véritablement fonctionné dans le passé», a-t-il répondu dans une pique à Barack Obama qui s’était fixé une limite sur la Syrie – l’utilisation d’armes chimiques par le régime au pouvoir – mais avait renoncé, à la dernière minute, au recours à la force.

M. Trump «cache soigneusement son jeu et il ne faut pas s’attendre à ce qu’il annonce à l’avance ce qu’il va faire face à telle ou telle situation», a-t-il poursuivi.

Donald Trump, qui a promis jeudi que le «problème» nord-coréen serait «traité», avait auparavant annoncé l’envoi vers la péninsule coréenne du porte-avions USS Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, puis évoqué une «armada» comprenant des sous-marins.

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Le USS Carl Vinson.

Fin de la «patience stratégique»

Le numéro deux du régime nord-coréen a répliqué samedi que son pays était prêt «à répondre à une guerre totale par une guerre totale» et «à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire de notre façon».

«Si les États-Unis osent choisir l’action militaire (…), la RPDC (République populaire démocratique de Corée, NDLR) est prête à réagir à n’importe quel type de guerre voulue par les États-Unis», a pour sa part assuré lundi l’ambassadeur adjoint à l’ONU, Kim In Ryong.

M. Pence était arrivé dimanche en Corée du Sud, où sont basés 28 500 soldats américains, quelques heures après l’échec de l’essai balistique de la Corée du Nord et au lendemain d’un gigantesque défilé militaire à Pyongyang, où ont été exhibés une soixantaine de missiles et notamment ce qui semblait être un nouveau type de missile balistique intercontinental.

«Nous anéantirons toute attaque et nous fournirons une réponse écrasante et efficace à toute utilisation d’armes conventionnelles ou nucléaires», s’est exclamé le vice-président au cours de sa conférence de presse avec le président sud-coréen par intérim Hwang Kyo-Ahn.

M. Pence a réaffirmé que l’ère de la «patience stratégique» était révolue, une allusion à la doctrine du gouvernement de Barack Obama qui consistait à refuser tout dialogue avec le Nord mais à durcir les sanctions afin que Pyongyang fasse des gestes tangibles en direction d’une dénucléarisation, dans l’espoir que les tensions internes dans ce pays reclus provoquent un changement.

Le vice-président s’était rendu dans la matinée dans le village frontalier de Panmunjom, où avait été signé le cessez-le-feu de 1953, à quelques mètres d’une ligne de démarcation qu’il a qualifiée de «frontière de la liberté».

Attitude «encourageante» de Pékin

Les tensions ont augmenté ces derniers mois, les essais balistiques nord-coréens ayant entraîné des avertissements de plus en plus menaçants des États-Unis, qui eux-mêmes ont encore un peu plus enflammé la rhétorique nord-coréenne.

Le nouveau et inexpérimenté président américain a plusieurs fois affirmé qu’il ne laisserait pas la Corée du Nord mettre au point un missile intercontinental susceptible de porter le feu nucléaire sur le sol américain.

Or, Pyongyang explique justement son programme atomique par la menace américaine.

Donald Trump s’est également dit prêt à régler seul la question nucléaire nord-coréenne si Pékin ne parvenait pas à faire rentrer son turbulent allié dans le rang.

À Séoul, M. Pence a, quant à lui, salué lundi après-midi les efforts des Chinois : «C’est encourageant de voir que la Chine s’engage dans ce sens».

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