Le mystere du suaire de Turin : Est-ce le vrai visage de Jésus-Christ ?

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Cette pièce d’étoffe est au centre d’un débat depuis des générations entre scientifiques et représentants de l’église. Cette pièce a-t-elle enveloppé le corps du Christ, ou est-ce tout simplement une des premières grandes falsifications de l’histoire ? Les pros et antis se livrent une bataille rangée à coup de preuves scientifiques, de déductions et de contre vérités. Et pourtant l’église n’a jamais reconnu ce tissu comme linceul du Christ. Alors qu’en est-il ? D’où vient-il ? Et est-ce véritablement le suaire du Christ ou qu’une monstrueuse mise en scène ?

Qu’est-ce que ce Saint-Suaire ?

Tout d’abord, il convient de rectifier une erreur d’interprétation. La notion de suaire désigne en fait une pièce d’étoffe entourant le visage d’une dépouille. Dans notre cas, il serait plus sage de la désigner comme un linceul. Cette pièce de tissus d’une longueur approximative de 4 mètres et d’une largeur d’un peu plus d’un mètre aurait, semble-t-il enveloppé le corps de Jésus-Christ après sa crucifixion. Le plus incroyable dans cette histoire, c’est que sa silhouette se serait imprégnée dans le tissu comme un négatif. D’ailleurs en voyant la saint-suaire, on ne remarque pas grand-chose. Par contre, les premières photographies prises de cette relique laissent apparaitre sur les négatifs la silhouette d’un homme barbu avec les mains repliées sur son bas ventre. Des traces évidentes de blessures sont également visibles et elles coïncident étrangement avec les stigmates du Christ (crucifixion, couronne d’épine, flagellation, etc.)

L’histoire du linceul

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On sait de source sure que le corps du Christ fut effectivement recouvert d’un linceul après sa crucifixion (apparition dans l’évangile de Jean). Ensuite le parcours de cette étoffe reste un mystère, malgré beaucoup de suppositions. En effet, il n’existe aucune preuve écrite de son trajet jusqu’en 1357. C’est à cette date qu’elle réapparait dans l’église de Lirey (Champagne), possédée par la famille Charny. Le Pape de l’époque, Clément VII, autorise son exposition au grand dam de l’évêque de Troyes qui refusait les ostensions de la relique. Ce même Pape décide en plus de la classer comme sainte relique l’année suivante sans pour autant l’authentifier. C’est au 15e siècle qu’elle prend la direction de Chambéry, passant par Dôle, Paris, Liège, Genève, Annecy, Bourg-en-Bresse et Nice entre autre, avant de se retrouver à Turin, rachetée par la famille de Savoie. Malheureusement elle subira quelques dommages lors de son passage à Chambéry en 1532, suite à un incendie à la Sainte-Chapelle. Sauvée de justesse d’un tragique destin, elle sera rafistolée tant bien que mal par les Clarisses. C’est ce qui explique les différences de couleur des petits triangles apparaissant sur le linceul. C’est en 1578 qu’il atterrit à Turin, où il y restera. Il est sauvé in extremis d’un autre incendie en 1997.

Le Saint-Suaire et l’Eglise

Contrairement à ce que beaucoup de gens supposent à tort,  l’Eglise n’a jamais authentifié cette pièce d’étoffe comme étant le linceul ayant enveloppé le Christ après sa mort. Elle est toujours restée très réservée quant son authenticité. C’est pour cette raison qu’elle l’a toujours considéré comme une sainte relique, au même titre qu’une statue, un endroit ou un bâtiment. Ce linceul est juste un objet de vénération représentatif de la religion chrétienne.

Les études scientifiques

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Avant tout chose, je ne vais entrer dans les détails techniques des études et des recherches scientifiques, car il faudrait une encyclopédie en 24 volumes pour tout comprendre. Donc, n’en déplaisent au puristes, je ne ferai qu’un survol des différentes études effectuées.

C’est 1898 qu’un photographe italien prend le premier cliché du saint suaire. Il découvre alors avec stupéfaction une image bien plus visible sur les négatifs que sur les photographies. Cela prouvait donc que le linceul était déjà une sorte de négatif en tant que tel, et non une peinture du moyen-âge comme souvent évoquée.

En 1978 la première étude scientifique est menée par une vingtaine de chercheurs américains du STURP et reconnue par le Vatican. Ils font des analyses de l’objet et prélèvent des échantillons de surface. Les conclusions de ces études ont permis de démontrer deux choses essentielles :

–          La peinture n’est pas à l’origine de la formation de l’image sur l’étoffe. C’est un processus de déshydratation sur la structure du lin qui l’altère et qui donne un aspect plus foncé de l’image du corps.

–          L’analyse de la densité de coloration du visage a permis de noter une formation de l’image de nature tridimensionnelle, ce qui exclue à nouveau une peinture, mais bien qu’elle s’est formée naturellement. Par contre, elle n’explique pas et ne démontre pas comment l’image a pu se transposer sur le tissu.

En 1988 une nouvelle étude est mise sur pied afin de dater le saint suaire. 3 universités (Arizona, Oxford et Zurich) sont chargées d’examiner des petits prélèvements du tissu et de le dater. Les 3 universités sont contrôlées par des 3 organismes indépendants, afin que rien ne soit laissé au hasard et que tout soit correctement effectué. Cette datation fut effectuée par le système du Carbone 14. Les résultats tombent en octobre et donnent une date évaluée entre 1260 et 1390 avec une certitude à 95%.

Cette annonce fait l’effet d’une bombe pour tous les partisans de l’authenticité du linceul, car pour la majeure partie de l’opinion publique, elle confirme que le suaire est une imposture. L’église, quand à elle, qui ne l’a jamais reconnu, le considère comme une icône et une œuvre d’art représentatif de la croyance chrétienne.

Pourtant de nombreuses voies s’élèvent contre cette datation en argumentant notamment que les échantillons étaient trop faibles pour effectuer un travail objectif. D’autres estiment que la nature des pollens retrouvés sur le linceul tend à confirmer que l’étoffe contient une majorité de germes que l’on retrouve principalement dans la région de Jérusalem. Enfin d’autres se mobilisent en expliquant que le suaire pourrait se situer entre 1300 et 3000 ans, en se basant sur une concentration de vanilline. Bref tout le petit monde scientifique se crêpe le chignon en alignant thèses et contre thèses. Si bien que le mystère reste entier, voir plus opaque pour le commun des mortels.

Quand à l’Eglise, elle campe sur ses positions et refuse catégoriquement de permettre une nouvelle expertise. Non pas par crainte de ce qui pourrait être découvert, mais par respect pour ce tissu qui se dégrade au fil du temps. De plus, même avec les plus grandes précautions et les stricts protocoles scientifiques, elle estime qu’il y aura toujours des sceptiques… !!!

Une chose reste commune à tous les pros et antis authenticité, c’est que le phénomène qui a permis à cette image de se reproduire sur le linceul reste une énigme. Quand bien même, s’il avait été une grosse supercherie du moyen-âge, elle n’aurait pas été possible avec les techniques de l’époque.

L’image du Suaire

C’est véritablement dans les années 2000 que plusieurs chercheurs se sont penchés sur le cas. Ils n’expliquent pas le fonctionnement preuves à l’appui, mais offrent plusieurs possibilités ou hypothèses de la formation du corps sur le linceul.

–          Une possibilité naturelle suite aux huiles utilisées pour l’embaumement du corps qui auraient bruni l’étoffe avec la décomposition du cadavre. On parle aussi de rayonnements solaires, qui auraient eu les mêmes effets ou encore de vapeurs d’ammoniaque. Cela dit, toutes ces théories sont pour ainsi dire impossibles à vérifier, car il faudrait des mois, voire des années pour réaliser des tests.

–          Une fabrication volontaire humaine par le biais d’un système de bas-relief. On applique un colorant sur le visage sur lequel on pose un linge humide. Le résultat laisse apparaitre une image sur le tissu qui ne porte aucune trace de coup de pinceau et qui fait étrangement pensé à une sorte de négatif. D’autres hypothèses plus complexes ont été avancées mais qui reste très difficilement réalisables au moyen-âge.

–          Léonard de Vinci : depuis 1994, cette possibilité a été largement diffusée. De Vinci aurait utilisé un compromis entre le système de bas-relief et la photographie en utilisant son propre visage. Il est vrai qu’il existe une certaine ressemblance entre de Vinci et l’image du suaire, mais cette hypothèse n’est pas acceptée par les scientifiques, qui ne voient dans cette théorie, qu’un gros coup médiatique.

La datation au carbone 14 réfutée

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Dans le courant des années 2000, la datation de 1988 fut réfutée par un couple d’américains en se basant sur l’échantillon prélevé au bas du linceul. En l’examinant au plus près, ils avancèrent l’hypothèse que l’échantillon présentait des traces de cotons datant de la remise en état de la relique au 16e siècle. Le mélange du lin et du coton aurait tronqué la datation. Cette thèse, d’abord instamment critiquée par les chercheurs, a été finalement partiellement acceptée par les scientifiques. Ce qui bien évidemment remettait en cause la fameuse datation de 1988 et redonnait espoir aux pro-suaires.

Malheureusement, pour l’heure, il est peu probable qu’une nouvelle datation se fasse à cause notamment de la dégradation du tissu. De plus il faudrait principalement prélever un échantillon au centre du linceul, où se trouvent des traces de brûlures. Ce qui bien évidemment est hors de question pour l’église. Du coup le mystère reste presque entier.

Ce linceul est-il celui du Christ ?

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Il n’existe pas de preuves formelles qui aillent en ce sens. Néanmoins on peut affirmer que l’homme qui fut enveloppé dans ce linceul a bel et bien été crucifié. Les romains avaient utilisé ce système de torture jusque dans les années 300 après J.-C. De plus les traces qui apparaissent en négatif sur le linceul semblent bien être du sang, résultant d’une crucifixion. Un chercheur américain en a apporté une preuve scientifique. Bien sur cela ne veut pas dire pour autant qu’il s’agisse du Messie. D’ailleurs des théories affirment que le Christ ne serait pas mort sur la croix. Mais ceci est une histoire sur laquelle nous nous pencherons peut-être un jour… !

Alors comment ce linceul peut-il être celui de Jésus, si la datation l’avait situé entre 1260 et 1390 ? Et surtout comment a-t-il pu traverses les siècles incognito jusqu’en 1357, date à laquelle il réapparait à Lirey ? Tout d’abord les écrits restent très rares avant l’an 1000, donc il est très difficile de suivre la trace du Saint-Suaire. Ensuite, il semble que deux choses tentent de démontrer que cette étoffe est plus ancienne que la datation. Premièrement, la famille Charny, à qui appartenait la relique, était issue d’un illustre ancêtre qui avait combattu aux côtés des Croisés à Constantinople. Il semblerait que ce guerrier aurait pu ramener le linceul en revenant des Croisades. Mais il ne subsiste aucun écrit formel et aucune preuve. Deuxièmement, une gravure du 8e siècle retrouvée dans une église hongroise semble démontrer que l’étoffe avait déjà été remarquée à cette époque. Cela reste bien évidemment de la supposition, mais relativement crédible… !!!

Alors qu’en est-il ? Supercherie ou pas ?

Il est peu probable que ce linceul soit une supercherie. Les résultats d’analyses scientifiques indiquent bien que l’image n’a pas été peinte et qu’elle résulte certainement de l’enveloppement d’un corps. De plus les taches aux mains et à la tête semblent bel et bien venir de blessures dues à une crucifixion. Maintenant s’agit-il du Christ ? Pas forcément, car la crucifixion était courante à l’époque des romains. De plus, il est tout à fait possible que cette torture ait pu perdurer  bien après avec d’autres civilisations. De ce fait, rien ne prouve que ce soit le corps du Christ. Et tant que nous n’aurons pas une datation fiable, le mystère restera entier.

Conclusion

L’énigme du Saint-Suaire de Turin reste entière même si nous pouvons donner quelques explications aujourd’hui. Trop de zones d’ombres ne nous permettent pas de confirmer ou non la véracité de l’étoffe. Ce linceul reste à l’heure actuelle une des énigmes les plus populaires et les plus relatées médiatiquement avec, bien évidemment, son lot d’âneries à la pelle et de contes à deux balles. Il est surtout important de faire le tri dans ce bazar.

Une chose est sure, le Saint-Suaire, même s’il n’est pas celui du Christ restera indubitablement un des objets les plus vénérés de la chrétienté. D’ailleurs l’église l’a déjà bien compris.

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Une Réponse à Le mystere du suaire de Turin : Est-ce le vrai visage de Jésus-Christ ?

  1. nouveaumonde Répondre

    16 décembre 2015 a 1:27

    D’après nos propres recherches et déductions, le suaire
    est authentique, il est impossible de fabriquer une empreinte de cette nature au Moyen âge, ni même de nos jours, c’est l’image d’un négatif qui photographiée
    devient positive.Cette image provient d’une impression lumineuse de nature inconnue. D’autre part elle ne révèle pas les marques de blessures sanglantes et ne provient donc pas du contact avec le corps, ce n’est donc pas une empreinte. Seule une émission de lumière par balayage peut l’expliquer.

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