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Le coin de l’histoire,par Charles Dupuy : Comment le Général Kébreau imposa Francois Duvalier en 1957

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Titre: LE COIN DE L’HISTOIRE, Tome III. Éditions La Périchole. Auteur : Charles Dupuy

Chapitre: Résumé par Jean Charles Léonce Bernard

 

Prestation de serment de François Duvalier le 22 octobre 1957 sous haute surveillance de l’armée.  : le général Antonio Thrasybule Kébreau assis à la droite du nouveau président.

Le général Kébreau passe l’écharpe présidentielle à  » l’élu de son choix ». Photo : AP

Au lendemain de la folle journée du 25 mai 1957 (Daniel Fignolé accepte la présidence provisoire NDLR), le général Léon Cantave décida sagement d’abandonner ses fonctions de chef d’état-major de l’Armée d’Haïti.  Il fallait, sans tarder, lui trouver un remplaçant.  Parmi les aspirants les plus sérieux au prestigieux poste de général de brigade, figuraient les colonels Georges Bayard, Maurepas Alcindor et Bernardin Augustin.  Le Grand quartier général écarta rapidement leur candidature pour retenir le nom du commandant du département du Sud, le colonel Antonio Th. Kébreau.  L’argument déterminant qui l’emporta en faveur de ce dernier fut qu’il avait, plusieurs années durant, fréquenté l’École apostolique, bref, qu’il avait été séminariste.

Francois Duvalier, president élu

Une fois arrêté le choix du nouveau général, Cantave dépêcha le major Robert Bazile et le capitaine André Fareau chez le président provisoire, le professeur Daniel Fignolé, pour qu’il entérinât sa nomination. « Je ne signerai pas ! répondit Fignolé. Je signerai pas, puisqu’il s’agirait là d’une compromission, signifia t’il avec grandiloquence, vous direz cependant au général Cantave que j’accepte le principe. »  C’est avec cette déclaration plutôt ambiguë que Fignolé acceptait Kébreau comme chef de l’Armée d’Haïti.  Moins de deux heures plus tard, un avion militaire arrivant des Cayes amenait dans la capitale haïtienne Antonio Th. Kébreau, le nouveau faiseur de roi.

 

Le Général Kébreau

Né à Port-au-Prince le 11 novembre 1909, Antonio Th. Kébreau était le fils du général Thrasybule Kébreau.  Il avait fait toutes ses études au Petit Séminaire Collège Saint-Martial.  Parmi les aspirants officiers de sa promotion se trouvait Paul Magloire.  C’est justement avec ce dernier qu’il allait se lier le plus fermement d’amitié.  Paul Magloire devait d’ailleurs baptiser une de ses filles et, lorsqu’il fut nommé commandant des Casernes Dessalines par Elie Lescot, Magloire s’empressa de faire entrer son ami Kébreau comme officier de la maison militaire du président de la République.  Promu capitaine, Kébreau devenait l’assistant commandant du département militaire du Palais national, autrement dit, l’auxiliaire direct de Paul Magloire.  Après la chute de Lescot c’est un comité exécutif militaire dominé par le major Magloire qui s’empara du pouvoir.

En mars 1946, quand les étudiants de la capitale voulurent protester contre certaines restrictions aux nouvelles libertés imposées par la junte, ils organisèrent une manifestation de rue qui fut brutalement dispersée par le capitaine Kébreau… En 1948, le capitaine Kébreau alla suivre le cours de formation de l’école d’infanterie américaine à Fort Benning, en Georgie, et puis un autre, au Kansas, à Fort Leavenworth.

 

Le Haut Etat-Major des Forces Armees d’Haiti (Antonio Thrasybule Kebreau est premier a gauche sur la photo) -Courtoisie : Pikliz

Au début de l’année 1949, le colonel Paul Magloire se rendit en voyage d’agrément aux États-Unis ou il s’arrêta notamment aux chutes du Niagara.  Pour la durée de son absence, le colonel avait tout naturellement donné charge du département militaire du Palais national à son adjoint administratif, le capitaine Antonio Th. Kébreau.  Ainsi qu’en avait pris l’habitude le colonel Magloire, le capitaine Kébreau se rendait chaque matin au Palais, dans les quartiers privés du président Estimé avec lequel il s’entretenait d’intendance militaire.

President Dumarsais Estime(16 Aout 1946-10 Mai 1950)

À son retour de vacances, Paul Magloire reprit son commandement et aussi, bien entendu, les rituels tête-à-tête avec le président de la République.  De son coté, Kébreau, qui y avait visiblement pris goût, n’arrêta pas de fréquenter les appartements d’Estimé… Le colonel lui annonça alors son transfert et lui intima l’ordre de se présenter à son nouveau poste le jour même, avant midi.  C’était la fin de l’amitié entre les deux compères.

 

Le President Paul Eugene Magloire(1950-1956)

TIME Magazine Cover: Paul E. Magloire - Feb. 22, 1954 - Haiti - Latin  America

Haitian president Paul Eugène Magloire(1950-1956) on the cover

of Time Magazine, February 22, 1954.

À la chute du président Magloire, Kébreau fut nommé commandant du département militaire du Sud… Personne ne pouvait soupçonner Kébreau d’être l’homme du président déchu…Tous les officiers qui se trouvaient au Corps d’aviation le 25 mai furent systématiquement rayés des cadres…

Le gouvernement provisoire de Daniel Fignolé ne survécut que dix-neuf jours dans la tourmente… Fignolé, fort de sa popularité parmi les hommes de troupe, écrivit une lettre au général pour lui annoncer qu’il considérait «  les transferts opérés dans l’armée d’Haïti après les évènements du 25 mai » comme des mesures provisoires. Dans sa lettre, le président réclamait « également des informations sur l’état de service de tous les officiers de l’armée, du grade capitaine à celui de colonel. »(Clément Célestin, Compilations pour l’Histoire, tome II,1958, p.75).  Devant cette dernière injonction qu’il interpréta comme une menace personnelle, Kébreau réunit son état-major pour l’en informer et, encouragé par le colonel Pierre Paret, décida qu’il était temps de passer à l’action, autrement dit, de renverser Fignolé.

Le 14 juin 1957, sous prétexte que Fignolé était « obnubilé par l’ambition » et voulait « désorganiser les cadres de l’Armée », Kébreau fit procéder à son arrestation en pleine séance du conseil des ministres…

President Daniel Fignolé (25 Mai 1957-14 Juin 1957)

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1957 – Clément Jumelle candidat à la présidence.

Les élections se déroulèrent le 22 septembre 1957.  À cette occasion, Kébreau offrit une victoire écrasante au candidat qu’il avait choisi, le Dr François Duvalier… Quant au candidat concurrent, Louis Déjoie, il perdit jusqu’à son siège de sénateur du département du Sud..

Senateur Louis Déjoie,candidat a la presidence

Après son installation au pouvoir le 22 octobre, Duvalier nomma Kébreau pour un mandat de six ans à la tête de l’Armée d’Haïti.  Quelques temps après, Duvalier envoyait une lettre dans laquelle il demandait au général de transférer une vingtaine des officiers qui gravitaient autour de lui et que l’on considérait comme ses protégés.  Kébreau ignora la requête.

Le 12 mars 1958 Duvalier lui envoyait la note suivante : «  Mes instructions relatives au transfèrement de certains officiers n’ayant pas été exécutées, Je me trouve dans l’obligation de vous mettre en disponibilité. » Kébreau était révoqué.  Il se trouvait chez lui quand le canon se mit à tonner annonçant la nomination de son remplaçant, le général Maurice Flambert.

En janvier 1959, Duvalier nommait Kébreau ambassadeur au Vatican.  Certains suggérèrent, mais sans le moindre soupçon de preuve, que Duvalier s’était laissé influencer par le dictateur dominicain Trujillo, après que celui-ci eut intercédé en faveur de son vieil ami Kébreau.  En 1961 Kébreau devenait ambassadeur d’Haïti en Italie.  Un peu plus d’un an après, il revenait au pays où il fut accueilli avec un extraordinaire déploiement d’apparat au Palais national.  Là, devant la foule des officiels et des invités, le président et l’ambassadeur se confondirent en gentillesses et en démonstration de bons sentiments.

Juste au lendemain de cette faste journée au cours de laquelle l’ancien général avait même été salué par une salve de treize coups de canon, il décédait à Pétion-Ville chez son hôte et ami « Finfin » Akmed.  C’était le 13 janvier 1963.  Cinq jours plus tard, les obsèques nationales du général Kébreau furent célébrées en grande pompe à Port-au-Prince…

Charles Dupuy

 
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